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Cette page est dédié aux arts martiaux , à leur enseignement et leurs dérivés.

L'Histoire des arts martiaux remonte à la nuit des temps.

Si l'histoire des arts martiaux est bien documentée à partir de l'époque moderne, il n'en va pas de même de leur histoire ancienne. Cette relative absence de sources repose essentiellement sur deux raisons. D'une part, il est très probable que l'origine de la notion soit à chercher en Inde, qui a une conception de l'historiographie très différente de la conception européenne, mettant l'accent sur la valeur symbolique du récit plutôt que sur son exactitude historique. D'autre part, les arts martiaux sont souvent intimement liés à de images d'identité nationale. Retracer leur genèse revient donc souvent à souligner l'influence de pays étrangers.

De l'Inde au Japon

Une origine indienne:

Bien qu'il existe des représentations de techniques de combat remontant à l'époque mésopotamienne, il est probable que la fusion entre les techniques de combat et les pratiques spirituelles se soit d'abord faite en Inde, sous une forme proche du kalaripayat moderne. Ce dernier, pratiqué à l'origine à proximité des temples, combine techniques martiales inspirées de l'observation des animaux, par le yoga. La médecine amenait avec elle une connaissance des points vitaux du corps, et le yoga une maîtrise calisthénique et respiratoire.

De l'Inde au reste de l'Asie

Sur les ailes du bouddhisme:

L'idée de la fusion entre pratique martiale et pratique spirituelle a probablement quitté l'Inde à l'occasion de la dissémination du bouddhisme vers le reste de l'Asie. Bien que certaines références taoïstes dans les arts martiaux chinois suggèrent une origine pré-bouddhiste, il s'agissait plus de pratiques populaires à visée sportive que de systèmes d'entraînement systématiques articulés sur un système philosophique ou religieux.

La légende veut ainsi que l'idée d'art martial ait été importée en Chine vers les années 510 de notre ère par Bodhidharma fondateur de l'école Chan (Zen en japonais). Trouvant au monastère de Shaolin des moines frêles, passant leur temps à recopier des sûtras, il leur aurait imposé une discipline physique leur permettant de supporter les longues heures de méditation assise caractérisant le Chan.

La légende n'explique cependant pas deux éléments. Le premier est de savoir pourquoi ces exercices physiques ont pris la forme d'un entraînement martial. Dans la mesure où il comporte des risques de blessures, ce type d'entraînement n'est pas un choix immédiat pour des moines. D'autre part, le bouddhisme ne développe pas la réflexion tactique et stratégique sur les principes du combat qui caractérise les arts martiaux. Ces deux éléments sont ainsi à rechercher dans le contexte propre de la Chine, et assez loin dans son histoire.

La guerre en Chine

Pour comprendre ces deux éléments, revenons au VIe siècle av. J.-C., époque probable de composition de L'Art de la guerre de Sun Tzu. À cette époque, la Chine est découpée en une multitude d'États se faisant la guerre, un peu à l'image de la Grèce antique. Mais contrairement à la Grèce, la Chine comprend de vastes plaines peuplées, ce qui favorise des batailles de grande ampleur (plusieurs centaines de milliers d'hommes). L'essentiel de la tactique consiste donc dans la manipulation de grandes masses paysannes peu entraînées et surtout peu motivées, la mort au champ de bataille n'apportant aucune gloire.

Or, la prospérité de chaque pays reposait sur la production agricole par ces mêmes masses paysannes. Toute opération militaire impliquait donc une saignée durable dans la population et les revenus du pays. L'important devient alors de limiter au maximum les pertes humaines, l'idéal étant d'amener l'adversaire à concéder sa défaite sans avoir à livrer combat, en prenant avant même l'affrontement un avantage stratégique insurmontable. Cette idée est centrale dans l'ouvrage de Sun Tzu, et conditionne l'ensemble de sa conception de la stratégie.

L'Art de la guerre acquit rapidement le statut de classique, que tout lettré se devait de connaître en profondeur. De ce fait, on peut lire l'influence durable de cette conception de la victoire sans combat dans l'ensemble de la réflexion chinoise plus japonaise sur la guerre (beaucoup plus que dans une réalité au contraire très sanglante).

Ces idées n'étaient sans doute pas étrangères aux moines de Shaolin, expliquant leur introduction dans le contexte bouddhiste des pratiques importées d'Inde. De même, la fréquence de l'instabilité politique en Chine suggère que le choix de pratiques physiques martiales fut avant tout pragmatique. Les monastères bouddhistes bénéficiaient de nombreuses donations, souvent sous la forme d'instruments rituels précieux. Cette richesse faisait d'eux des proies de choix pour les pillards qui abondaient au cours des périodes d'instabilité. L'entraînement martial avait ainsi l'avantage de combiner l'exercice physique nécessaire à la pratique de la méditation et les nécessités de l'autodéfense.